2.5.1. La première vague

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La première vague des thérapies du comportement a vu le jour en partie comme une réaction contre les théories et la méthodologie qui dominaient le champ de la psychothérapie dans la première moitié du vingtième siècle. Même s'il existait différentes orientations au sein du mouvement behavioriste, l'importance attachée au respect du paradigme scientifique fonctionnait comme un ciment unificateur. Les premiers thérapeutes du comportement pensaient qu'une élaboration théorique n'avait de valeur que si elle reposait sur des principes scientifiques bien établis et que les techniques thérapeutiques mises en oeuvre devaient être clairement définies et rigoureusement évaluées.

La thérapie du comportement a pris directement pour cible les comportements et les émotions problématiques en s'appuyant dans son approche sur les principes du conditionnement classique et ceux du néo-behaviorisme. Le but n'était plus de résoudre le conflit entre les désirs et les craintes hypothétiques du petit Hans ou de ses semblables, le but était de le faire sortir de la maison et retourner à l'école (...) Le fait de se concentrer sur des changements concrets a toutefois aussi entraîné un certain rétrécissment du champ de vision des behavioristes. Les concepts psychanalytiques et humanistes qu'ils avaient rejeté étaient d'une grande richesse au plan clinique. Ils concernaient généralement des questions fondamentales inhérentes à la condition humaine comme le sens de la vie ou les raisons pour lesquelles il est si difficile pour un être humain d'être heureux.
(Hayes, 2004)

Le mouvement behavioriste s'est ainsi progressivement trouvé dans une impasse. Quand bien même Skinner avait rejeté les limitations du behaviorisme méthodologique et affirmé que des événements privés comme les pensées ou les sensations pouvaient légitimement faire l'objet d'une analyse scientifique, sa tentative de fournir un compte-rendu expérimentalement fondé du langage et de la cognition humaines (1957) a été un échec.